Kampot, croisement de cultures et de paysages


La ville de Kampot n’est pas la plus mise en avant dans les guides et blogs et finalement, heureusement : ici nous avons retrouvé le calme et des rues désertées par les touristes pour profiter de la nature entre terre et rivière, et de l’héritage laissé par les nombreux expatriés aux quatre coins de la ville. 

Cela saute presque aux yeux en arrivant dans la ville de Kampot, les maisons n’ont rien de Khmer. Nous retrouvons tout le long de la route principale et au cœur du centre-ville des bâtiments sur deux étages et plus, héritages de la colonisation française. Les maisons sont colorées, et nous escortent jusqu’au « rond-point du Durian », la place principale à l’effigie du fruit le plus nauséabond d’Asie ! Au cours de notre découverte du centre-ville, nous passons devant de nombreux restaurants affichant des cartes peu asiatiques : des boulangeries et bistrots français, des pubs britishs, des osterias italiennes, des restaurants méditerranéens ou encore mexicains mais aussi des auberges au nom parlant tels que « les Manguiers ». Bref, vous l’aurez compris, Kampot est une ville cosmopolite dans laquelle Khmers et expatriés se côtoient dans une bonne ambiance générale. 

Les touristes se font rares, d’autant plus lorsque nous décidons de faire un tour dans le marché local. Le lieu est l’équivalent des Halles de Paris il y a un siècle, dans lequel les étals de tissus font face aux vendeurs de poissons encore vivants, de crabes, ou encore de pattes de poulets. Le marché est haut en couleurs, et en odeurs, les marchandes sont assises directement sur le sol ou en tailleur sur leur table. Honnêtement, nous ne sommes pas certains que notre estomac supporterait un tel choc culinaire mais cela nous a permis de faire une petite immersion dans la vie locale. 

Le lendemain, nous nous exilons à quelques kilomètres de la ville pour nous retrouver dans un havre de paix et de silence, sur la rivière Preaek Tuek Chhu. Nous empruntons un kayak pour faire une boucle sur la « Cathédrale Verte », entre les palmiers et les quelques cabanes de pêcheurs, jusqu’au croisement de plusieurs embouchures où sont logés quelques guesthouses et bars très charmants ! Tout est calme, reposant, et nous ne croisons que quelques rares kayakistes. Le lendemain, un peu par hasard, nous retournons sur le même parcours en paddle cette fois-ci, pour assister à un coucher de soleil magnifique. Le paysage offre dans un même cadre le reflet de la rive et de ses arbres sur l’eau, et la montagne de Bokor en arrière-plan. Un vrai moment de bonheur à savourer sur la planche. 

Pour clôturer notre passage à Kampot, nous nous décidons à enfourcher un scooter pour parcourir les routes de terre et quelques kilomètres de campagne pour aller visiter les grottes aux noms imprononçables, Phnom Kbal Romeas et Phnom Chhngok Cave Temple. Les lieux sont surprenants et assez sombres mais avec le soutien d’une lampe frontale nous pénétrons les caves pour découvrir de nombreux recoins cachés, à l’abri du monde, où des pierres de couleurs et de formes diverses s’élèvent, croisant les lianes et les arbres alentours. C’est assez magique, et encore une fois, nous sommes parfaitement seuls, avec quelques chauve-souris. Seul bémol, les enfants improvisés guides qui forcent la main à l’entrée de la seconde grotte, et qui devraient sans doute être à l’école… Autre pays, autres mœurs !

La ville de Kampot est également réputée pour ses plantations de poivre mais nous irons les découvrir au départ de notre prochaine étape, la ville voisine de Kep. A très vite !

N&J


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